La location de courte durée via des plateformes comme Abritel ou Booking.com séduit de nombreux propriétaires. Elle apparaît souvent comme un complément de revenu simple à mettre en œuvre, plus rentable que la location nue traditionnelle.

Pourtant, cette activité soulève des interrogations fiscales complexes, en particulier concernant la TVA.

Contrairement à une idée reçue, la location meublée de courte durée peut, dans certaines circonstances, être soumise à la TVA. Et cette soumission, volontaire ou non, entraîne des obligations comptables, fiscales et administratives significatives.


Une activité hybride entre location meublée et hôtellerie

L’activité exercée sur Airbnb se situe à la frontière de plusieurs régimes fiscaux. Selon :

  • la fréquence des séjours,

  • les services proposés,

  • le mode de gestion,

  • la structure juridique utilisée,

elle peut relever non plus d’une simple location meublée, mais d’un régime para-hôtelier.

L’administration fiscale ne s’arrête pas à la qualification déclarée : elle analyse la réalité économique de l’activité. Elle vérifie si le loueur se limite à mettre un logement à disposition ou s’il fournit un véritable service d’hébergement.


Principe : la location meublée est exonérée de TVA

En règle générale, les loyers issus d’une location meublée sont exonérés de TVA.

Cette exonération s’applique :

  • aux particuliers,

  • aux exploitants en LMNP ou LMP,

  • aux SCI patrimoniales exerçant une activité locative meublée.

Mais cette exonération n’est pas automatique ni définitive.


Quand la TVA devient applicable ?

La TVA devient obligatoire lorsque l’activité présente un caractère para-hôtelier.

Le critère n’est ni la plateforme utilisée, ni la durée du séjour.
Le critère est fonctionnel : quels services sont réellement proposés au locataire ?

Les prestations para-hôtelières déterminantes

L’administration examine notamment si le loueur propose, de manière régulière :

  • un accueil personnalisé des clients ;

  • la fourniture de linge de maison ;

  • le ménage pendant le séjour ;

  • un service de petit-déjeuner.

Lorsque plusieurs de ces prestations sont offertes de façon cumulative, l’activité peut être requalifiée en prestation hôtelière soumise à TVA.

Un simple ménage entre deux séjours ne suffit généralement pas.
Mais l’accumulation de services peut faire basculer l’activité dans le champ taxable.


Quelles conséquences en cas de soumission à TVA ?

Si l’activité est qualifiée de para-hôtelière :

  • Les loyers deviennent des recettes soumises à TVA ;

  • Des factures conformes doivent être émises ;

  • Des déclarations périodiques de TVA doivent être déposées ;

  • Une comptabilité adaptée doit être tenue ;

  • L’activité devient officiellement assujettie à la TVA.

Cela implique une gestion structurée, souvent incompatible avec une approche « amateur ».


Peut-on récupérer la TVA sur ses investissements ?

L’assujettissement à la TVA présente un avantage majeur : le droit à déduction.

Il devient alors possible de récupérer la TVA sur :

  • les travaux de rénovation,

  • le mobilier et les équipements,

  • les frais d’agence,

  • et parfois sur le prix d’acquisition du bien (notamment s’il est neuf).

Cependant :

  • La récupération est conditionnée à une affectation réelle à une activité taxable ;

  • Une durée minimale d’engagement est implicitement attendue ;

  • En cas d’arrêt anticipé de l’activité, une régularisation partielle peut être exigée.


Les risques en cas de mauvaise qualification

Une activité mal qualifiée peut entraîner :

  • des rappels de TVA sur plusieurs années ;

  • des intérêts de retard ;

  • des majorations ;

  • une remise en cause de la déductibilité de charges ;

  • un contrôle fiscal approfondi.

La fiscalité Airbnb est un domaine fréquemment contrôlé, notamment en raison de la transparence des données transmises par les plateformes.


Une stratégie volontaire de soumission à TVA : pertinente ?

Dans certains cas, choisir volontairement un régime soumis à TVA peut être stratégiquement intéressant :

  • récupération de TVA sur un bien neuf ;

  • optimisation d’un investissement important ;

  • structuration en société ;

  • logique d’activité économique organisée.

Mais cette stratégie nécessite :

  • une analyse globale de la situation patrimoniale ;

  • une étude de rentabilité nette après TVA ;

  • une anticipation des obligations déclaratives ;

  • une vision à moyen et long terme.


L’intérêt d’un accompagnement par un avocat fiscaliste

Un avocat fiscaliste spécialisé en fiscalité immobilière peut intervenir pour :

  • Auditer votre activité actuelle ;

  • Évaluer le risque de requalification ;

  • Structurer juridiquement et fiscalement l’exploitation ;

  • Sécuriser une stratégie de récupération de TVA ;

  • Assurer la défense en cas de contrôle fiscal.

L’objectif est double :
sécuriser juridiquement l’activité et optimiser sa rentabilité fiscale.


Conclusion : TVA et location courte durée, un enjeu stratégique

La location meublée via Airbnb peut sembler simple.
En réalité, la question de la TVA peut profondément modifier :

  • la rentabilité du projet,

  • la charge administrative,

  • l’exposition au risque fiscal.

Une analyse préalable est essentielle pour éviter les mauvaises surprises.

Vous exploitez un bien en location courte durée ou envisagez un investissement ?
Notre Cabinet, spécialisé en fiscalité immobilière, vous accompagne pour sécuriser et optimiser votre activité.